Rencontre avec Clara Steichen, porteur du projet sur la génération d’organoïdes rénaux à partir de cellules souches urinaires.

En mai dernier, Clara Steichen et son collègue Sébastien Giraud, ingénieur de recherche, et le Pr Thierry Hauet, directeur de l’unité Inserm U1082 et chef de service de Biochimie au CHU, ont publié un article sur les organoïdes rénaux et leurs applications dans la revue Médecine/Sciences 

 

Clara Steichen avait été invitée par cette revue française, pour écrire cet article, en tant qu’expert. Elle explique que cela reste un travail de bibliographie sur les travaux de recherche déjà réalisés dans le monde sur les organoïdes rénaux.

Les prochaines étapes seront donc la publication des travaux de recherche du laboratoire proprement dits ainsi qu’une revue supplémentaire dans des journaux internationaux.

Où en sont vos recherches sur les organoïdes rénaux aujourd’hui ?

Depuis quelques temps déjà, la culture de cellules souches pluripotentes humaines fonctionne bien au laboratoire, ce qui permet d’avancer sur le développement du protocole de différenciation en organoïdes rénaux. Clara Steichen se base bien évidemment sur des articles déjà publiés, mais chaque tentative au laboratoire est différente, et il faut adapter ces travaux selon les lignées de cellules souches utilisées, les conditions de culture du laboratoire, les produits et réactifs disponibles etc.

Le protocole est un protocole long, de 25 jours, chaque jour apportant son lot de surprises et de difficultés.

La caractérisation des structures obtenues a débuté, avec la présence de cellules épithéliales qui s’organisent autour de quelque chose ressemblant à une « lumière », ce qui fait penser à la morphologie d’une partie d’un tubule rénal. Il y a donc des structures similaires à celles que l’on peut trouver dans un rein, même si le rein contient de nombreuses structures différentes organisées de façon complexe.

Les différentes techniques de caractérisation incluent de l’immunofluorescence, de la microscopie électronique, de l’analyse de transcriptome pendant la cinétique de différenciation etc.

Et maintenant ? Quelles sont les prochaines étapes ?

Il va déjà falloir travailler à améliorer l’efficacité du protocole (complexité des structures obtenues) et sa reproductibilité. Puis, nous analyserons comment les organoïdes rénaux résistent à l’hypoxie réoxygénation, utilisée pour mimer l’ischémie-reperfusion qui est un processus indissociable de la transplantation. Nous sommes également en train de combiner la technologie des organoïdes rénaux avec celle de l’édition de génome par Crispr/Cas9 afin d’éteindre spécifiquement dans les cellules souches (avant de les différencier) certains gènes que nous pensons « clés » dans la survenue et le contrôle des lésions d’ischémie-reperfusion.

De plus, les organoïdes représentent un enjeu évident car ils deviennent des outils importants pour un grand nombre de disciplines et seront dans un avenir pas si éloigné utilisés dans de nombreux protocoles. Cette recherche est très soutenue par les EPSTs et en particulier l’INSERM.

Travaillez-vous seule au sein du laboratoire ?

Bien heureusement, ce travail est possible grâce au soutien des membres de l’unité U1082 impliqués et de son directeur, le Pr Thierry Hauet ; et plus spécifiquement avec la collaboration de Sébastien Giraud notamment et l’aide précieuse des technicien(ne)s du laboratoire (dont Maïté Jacquard-Fevai, Sonia Brishoual, Virginie Ameteau, Nadège Boildieu, Sandrine Joffrion, notamment).

Rappelez-nous à quoi vont servir des dons du fonds Aliénor ?

Les dons versés au fonds Aliénor au profit de ce projet sont dédiés à l’achat de consommables afin de continuer les manipulations, et d’un microscope à immunofluorescence qui permettra de réaliser de l’imagerie en temps réel sur des cellules en culture, directement couplé à un incubateur (qui sera financé par d’autres fonds).