Etude de l’impact de la musique et de la lumière relaxantes sur l’anxiété et le délirium des patients en réanimation dans le service de chirurgie cardiaque (Aurélie Girault et Anthony Lamy)

Réanimation

Contexte

La chirurgie cardiaque n’est pas anodine. Elle permet de « réparer » le cœur et nécessite d’ouvrir le thorax pour certaines indications. Ces différentes interventions entrainent de l’anxiété chez le patient, tant avant l’intervention qu’après l’intervention.

Cette anxiété peut avoir des effets néfastes sur le processus de récupération et le bien-être général, et peut être amplifiée par l’environnement de réanimation de chirurgie cardiaque dans lequel le patient est pris en charge en post-opératoire immédiat. En effet, durant le séjour les bruits (appareils, alarmes, voix…), les lumières (scope, plafonnier), les soins quotidiens (jour et nuit), la fatigue (anesthésie, manque de sommeil, traitements médicamenteux), sont rencontrés par le patient.

Cet environnement est également un des facteurs favorisant l’apparition du delirium aussi appelé trouble neuro comportemental qui se défini par l’apparition d’hallucinations visuelles auditives et/ou sensitives, critiquées ou non, des désorientations temporo spatiales, des propos incohérents, des agitations. Améliorer l’environnement par l’utilisation de techniques non médicamenteuses et peu coûteuses est réalisable pour favoriser un meilleur séjour en réanimation avec une diminution de l’anxiété et du délirium, tout en respectant la sécurité du patient et l’efficacité des soins.

Traiter les facteurs favorisants ces états de souffrance nécessitent des moyens simples comme diminuer le bruit, varier l’intensité de la lumière en respectant le rythme de sommeil, rassurer le patient. Malheureusement, le recours à des traitements médicamenteux est parfois nécessaire pour sécuriser le patient mais peuvent engendrer des effets secondaires importants.

Des études montrent l’efficacité de la musique dans le domaine de la santé avec un impact positif sur l’anxiété et la douleur.

Projet de recherche

L’hypothèse de cette étude pilote est que l’apport de séances de détente via une modification de l’environnement par l’apport d’une musique et lumière relaxantes permettrait de diminuer l’anxiété et le delirium du patient en post-opératoire d’une chirurgie cardiaque en service de réanimation.

Cette étude vise à comparer la prise en charge habituelle avec une prise en charge innovante incluant une séance de détente 30 minutes par jour, du lendemain de la chirurgie du patient jusqu’à sa sortie du service de réanimation de chirurgie cardiaque (jusqu’à 5 jours maximum). Cette séance sera réalisée dans sa chambre, dans un environnement adapté à l’aide un dispositif constitué d’une colonne à bulle lumineuse, d’un projecteur de lumière multicolore, et d’une musique relaxante choisie par le patient parmi un panel proposé. Cette musique sera installée via une clef USB sécurisée sur la télévision du box. Les stimuli externes seront diminués au maximum. Une pancarte indiquera la séance en cours et de ne pas déranger, sauf en cas de nécessité absolue.

Les bénéfices attendus sont la diminution de l’anxiété, de la douleur et du delirium chez le patient opéré d’une chirurgie cardiaque en post-opératoire en service de réanimation en agissant sur l’amélioration du confort du patient par l’apport d’un environnement relaxant et l’apport d’un moment sans dérangement, tout en respectant la sécurité et l’efficacité des soins apportés.

Selon les résultats, l’étude pourrait se poursuivre vers une étude de plus grande envergure auprès de patients relevant d’autres services de réanimation.

Portrait

Aurélie Girault est coordonnatrice de la recherche paramédicale au CHU de Poitiers et Anthony Lamy est aide-soignant en réanimation cardio-thoracique.